Ronde de bac – 30 mars 2010 – Mona Lisa en prime

Petite récolte de milles aériens ce matin dans ma ronde de bacs verts dans le Vieux-Rosemont, à Montréal. 105. Mais qui ont néanmoins permis que le compte optezpourplus créé avec «complice» pour poursuivre l’aventure franchisse le cap des 5 000 milles. Ces trouvailles de rue sont désormais destinés à allonger la banque de milles aériens de Médecins sans frontières. Un geste que tous les détenteurs de ces primes peuvent faire d’un clic selon des modalités expliquées dans le billet de ce carnet «Donner Aéroplan».

Pendant cette ronde, j’ai été incapable de laisser sur le trottoir un «oeuvre» sans doute réalisée avec amour il y a plusieurs années. Je n’ai pu résister à la tentation de l’apporter chez moi.

Bain de culture pour Saku, le chien urbain.

Saku semble approuver ma décision. Il s’intéresse à la «chose». J’en suis ravie. Il était temps que les rondes de bacs contribuent à élargir sa culture.

Ronde de bac : Saku pris au piège

Et oui, elles continuent nos rondes de bacs verts à la recherche de milles aériens. Cette fois, au bénéfice de Médecins sans forntières. Petites récoltes malheureusement depuis quelques semaines. Seulement 45 milles ce matin. Mais quel rigolade m’a offert Saku au retour de notre petite marche matinale.

Il y avait, dans ce maigre mutin, un emballage de barres tendres dans lequel, si j’ai bien compris la suite, il restait quelques grenailles d’avoine ou de raisin. Saku, ayant flairé le festin possible, a attendu que je sois bien installée à mon ordinateur pour aller y voir de plus près. Résultat? Il s’est littéralement mis la tête dans le sac et s’y est retrouvé ligoté, littéralement. Comme toujours dans ces cas, Saku implore mon aide. Il sait qu’en ces matières, les humaines sont clairement plus forts que les chiens.

J’ai opté pour couper la gance de mon sac de ronde de bac, non sans avoir, au préalable, immortalisé le regard de pitou piteux de mon fidèle chien urbain pris au piège de sa gourmandise.

Salu, le chien urbain, pris au piège de sa gourmandise. Photo : Jacinthe Tremblay

Conte terrien 2009 – Levers de soleil sur l’infini et chien urbain

À Léo.

Levers de soleil sur l’infini

«Y a pas d’vue!», a décrété mon père Léo avant d’entrer dans le logement que je venais d’acquérir dans le Vieux-Rosemont, à Montréal, en 2001. Sur le balcon avant, il avait vainement tenté de déceler un coin de montage, un soupçon de forêt, un terrain vague, à défaut d’un champ… Il ne voyait que des habitations de trois étages, collées les unes sur les autres, formant, à ses yeux, un mur de brique.

J’ai protesté, vantant les charmes des escaliers en serpentin et des détails architecturaux des habitations de mes voisins. J’ai souligné les avantages de vivre à proximité de la rue Masson, une véritable artère commerciale de quartier, où l’on peut tout trouver, même un ami. Et la présence, à quelques minutes de marche, de beaux parcs et du Jardin botanique. Je lui ai aussi rappelé que j’avais la chance inouïe d’avoir une cour, à l’arrière.

Après avoir traversé le logement pour inspecter cette fameuse cour, Léo a émis un autre verdict assassin : «Le terrain est croche!». J’ai encore une fois rouspété. «Ben voyons donc¡ Le terrain n’est pas croche, il est en pente. C’est rare à Montréal de vivre sur une colline. J’adore ça!».

«Tanr mieux pour toi si tu aimes ça», qu’il m’a dit, regrettant déjà d’avoir jeté des ombres sur mon enthousiasme. Le mal était fait. Ses remarques avaient réveillé mon plus grand regret immobilier.  Si, en choisissant de vivre dans la Métropole du Québec,  j’ai fait sans peine le deuil de posséder un jour une maison à trois étages, je supporte beaucoup plus difficilement l’étroitesse de l’horizon qui est depuis mon lot quotidien. Difficile, en effet, de renoncer à ces «vues» qui ont nourri mon enfance et mon adolescence, dans la Vallée de la Matapédia, et mon entrée dans l’âge adulte sur les bords du Saint-Laurent, à Rimouski.  Quand on a grandi entre deux chaînes de montage, avec des bruits de rivière comme berceuse et un lac immense comme piscine, la quête de «vue», dans la définition qu’en avait mon père,  est inscrite dans son ADN.

Ma maison paternelle, Sayabec, Vallée de la Matapédia au Québec.

Je n’ai jamais réussi  à faire comprendre à mon père qu’en acquérant un modeste logement sans «vue», dans un quartier de Montréal qui, en 2001, n’était pas encore frappé par la spéculation immobilière, je créais l’espace nécessaire dans mon budget pour m’offrir, et à petit prix,  les plus belles vues de la planète. Depuis 2001, j’ai donc arpenté les sentiers du Paradis bohémien, à la frontière entre la République tchèque et la Pologne; j’ai marché dans les forêts humides du Costa Rica; j’ai plusieurs fois regardé la mer en marchant sur le Malecon, à la Havane; j’ai fait des sauts de puce et des séjours plus long dans les déserts du Nevada et de Californie… Zabriskie Point… La Vallée de Panamint…

Mon premier lever de soleil à Zabriskie Point, Vallée de la mort, Californie, février 2007. Photo : Jacinthe Tremblay

Je suis retournée des dizaines de fois dans ma Vallée natale, chaque fois touchée par la majesté du Fleuve, des Chic-Chocs et des Appalaches, ces chaînes de montagnes qui ont été mon terrain de jeu jusqu’à 18 ans. Depuis le dernier souffle de Léo, pendant un magnifique coucher de soleil, le 22 avril 2008, j’ai fait de Terre-Neuve ma «neuve terre», celle où je me gave de grandes eaux, de montagnes et d’horizons infinis. D’une certaine manière, j’ai le sentiment de respecter sa vision de la «vue», à la puissance mille.

En 2009, à la faveur du boulot, j’y ai séjourné plus de deux mois, entre Fog, rochers et autres beautés.

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Mon choix immobilier de 2001 a donc eu les effets escomptés. Je remplis, le plus souvent possible par des voyages avec «vues», l’espace laissé dans mon budget par l’acquisition d’une propriété abordable. Et si je peux me permettre ces escapades fréquentes, c’est aussi grâce à un autre legs de mon père : un souci de tous les instants d’étirer le dollar par une saine gestion des revenus et dépenses.  Et en tirant profit, allègrement, de toutes les offres, même celles qui semblent les plus farfelues, des concepteurs du programme de fidélisation Aéroplan.

C’est ainsi que dans quelques heures, je m’envolerai à nouveau vers St.John’s, Terre-Neuve, grâce  à des milles aériens récoltés dans les bacs de recyclage du Vieux-Rosemont, depuis 2007.  Cet exploit, je le dois, je crois, à un autre ingrédient inscrit dans mon ADN : la capacité qu’avait ma mère, une Montréalaise, de «voir» et d’apprécier les multiples splendeurs des environnements densément peuplés. Et j’ai exercé cette habileté avec une intensité accrue depuis l’arrivée d’un chien dans ma vie, en juillet 2002.

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À Thérèse

et chien urbain

Il s’appelle Saku et il partage ma vie, depuis bientôt six ans, pour le meilleur et trop souvent pour le pire. Mes promenades quotidiennes avec ce  diable d’animal, proche descendant du loup carnassier, m’ont permis de découvrir avec ravissement les moindres détails des infrastructures et aménagements urbains de Montréal, ceux du Vieux-Rosemont en particulier. Je me suis, à maintes reprises, nourri de la beauté des levers de soleil au-dessus des toitures des logements ouvriers centenaires de mon quartier d’adoption.  Je ne cesse de me délecter à la découverte des vitraux qui ornent encore plusieurs fenêtres de mon quartier ainsi que des sculptures de castors et feuilles d’érables, entre autres, qui agrémentent certaines façades de brique des environs de ma résidence.

Mes marches avec mon chien urbain m’ont aussi rapproché des humains qui m’entourent, transformant ce coin de ville en village. Je ne compte plus les visages connus et reconnus au fil des mois de promenade au bout de la laisse; de leurs sourires complices et, parfois même de leurs confidences. Tout comme je ne cesse d’additionner les nouvelles et belles connaissances – les nouvelles amitiés même – tissées lors de mes fréquentations d’enclos canins, à Rosemont et à Outremont.

C’est aussi grâce à ce devoir de maîtresse d’un chien urbain que j’ai constaté, un mardi matin d’avril 2007, que je pouvais récolter des milles aériens dans les bacs verts. Je me suis donc joint à la confrérie des glaneurs urbains qui, en 2009, a vu croître de façon table le nombre des glaneuses de l’Âge dit d’or.  Elles, ces nouvelles collègues de rondes de bacs du mardi matin, fouillent visiblement dans les matières recyclables pour arrondir leurs fins de mois. Peut-être pour manger. Moi, je me livre à l’exercice pour m’emvoler vers des «vues» de grands espaces et d’horizons infinis. Quelle chance, tout de même!

Dans mes rondes de bacs, j’ai récolté beaucoup plus que des milles aériens. J’ai exercé ma sensibilité à  déceler  l’humanité au-delà de l’anonymat des villes. Cette autre vision des «vues» est également inscrite dans mon ADN. C’est un legs de ma mère Thérèse, Montréalaise de naissance et infirmière-travailleuse sociale avant de devenir, en prenant mari, une Matapédienne d’adoption.  C’est en visitant mes grands-parents, à Ville-Émard, que j’ai entendu parler l’anglais pour la première fois, aperçu mes premiers Noirs, eu mes premiers contacts avec des Chinois et des Italiens, et aussi, découvert les gratte-ciel, l’art contemporain – Pellan – et constaté que l’on pouvait se déplacer en commun. Depuis, je vois aussi les villes comme des espaces ouverts sur l’infini.

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Avant de m’établir à Montréal, à 20 ans, j’adorais ces paroles de la chanson les Gens d’en Bas, de Gilles Vigneault. «On est d’en Haut ou bien d’en Bas, quand on voyage on apprend ça.». Je sais maintenant que «Je suis d’en Haut et d’en Bas». En voyageant j’ai appris ça… Et c’est sans doute pourquoi j’ai décidé d’utiliser le billet d’avion de mes rondes de bas verts pour aller passer le cap de l’an 2010 à St-John’s, Terre-Neuve. C’est que là, on peut à la fois vivre sa ruralité et son urbanité, avec, en prime, la compagnie d’un chien urbain.

Vue de Saint-Jean de Terre-Neuve depuis Signal Hill. Août 2009. Photo : Jacinthe Tremblay

27 décembre 2009.

Ma quête Aéroplan : une précision empruntée à André Brassard

Depuis la création de ce carnet, plusieurs visiteurs y sont atterris dans l’espoir d’en savoir plus sur le programme de fidélisation Aéroplan et, plus particulièrement, de l’opération Station déjeûner, qui invite les consommateurs à accumuler des milles aériens en buvant des mers de jus d’orange et des tonnes de céréales et en entrant, un à un, des NIP à 12 signes dans de petites fenêtres d’un site Internet créé à cet effet.

Sachez que je me livre depuis bientôt trois ans à ce petit manège imprégnée par une détermination de tous les instants de «battre la banque». Je crois y être parvenue en partie en accumultant assez d’entrées dans ce site pour avoir troqué des milles contre un vol-aller retour Montréal/Saint-Jean de Terre-Neuve.  Pas mal, quand même! Mais cette victoire n’a rien changé à ma conviction que de tels programmes de fidélisation sont des machines à vendre du vent, ou, encore mieux dit, à vendre des »illusions de prospérité». Ces mots sont d’André Brassard, le metteur en scène de dizaines de pièces de théâtre, dont les célèbres Belles-soeurs, de Michel Tremblay.

Au cours des dernières semaines, un heureux contrat m’a permis d’être plongée à temps plein dans cette oeuvre, en vue d’une exposition qui sera présentée à Montréal en 2010.  Au cours de mes recherches, j’ai relu cette merveille de petit livre d’entretiens entre Wajdi Mouawad et André Brassard intitulé «Je suis le méchant!» (Léméac). Et j’ai savouré ce passage, dans lequel celui-ci traite de l’amorce de l’histoire des Belles-soeurs : Germaine Lauzon, après avoir gagné un million de timbres-prime dans un concours, invite ses parentes et voisines à un party de collage de timbres.

«Tu sais, il y a quelque chose de résolument absurde dans cette histoire. J’ai fait des calculs : gagner un million de timbres-prime, c’est gagner, à peu près, cent livrets. Avec cent livrets, tu peux gagner à peu près un toaster. C’est absurde ce qu’elle a gagné. C’est rien du tout! En plus, les organisateurs du concours forcent la femme à mériter son million de timbres-prime, parce qu’il faut qu’elle les colle! Il faut encore qu’elle travaille. C’est de l’ouvrage, coller un million de timbres. » – André Brassard. Extrait de «Je suis le méchant»

J’ai, moi aussi,  fait des calculs. Pour accumuler les quelque 20 000 milles Aéroplan que j’ai récolté dans les bacs verts depuis les débuts de ma quête, en avril 2007, il aurait fallu que je boive environ 4000 litres de jus d’orange, que j’aurais payé, si je les avais acheté, même en vente, quelque chose comme 10 000.$.

Heuresement pour ma santé, je n’ai pas eu à user de ma salive pour enregistrer les milles aériens glanés dans les bacs verts.  Nempêche. C’est de l’ouvrage d’entrer un  NIP de 12 signes dans un site Internet pour gonfler sa banque Aéroplan de 25, 10 et, de plus en plus, de 5 milles…

Ultime ronde de bacs 2009 : mutations à l’horizon…


Ça y est. Mes pires craintes ont été confirmées ce matin. Craintes, je dois le préciser, qui se limitent au sort des promotions de milles aériens dans les contenants de jus Tropicana. Comme les actions en Bourse en 2009, leur cours s’est effondré dramatiquement au cours des dernières semaines.

Comme celui de la Bourse, le cours des milles aériens de recyclage s'est effondré en 2009

Ainsi, ma ronde de bacs verts d’une heure en ce mardi matin glacial de fin décembre n’a ajouté que 135 petits milles dans le compte Optez pour plus de «Complice» – pour des raisons évidentes, je n’indiquerai ni son nom et encore moins son sexe -.«Complice», donc, a accepté de me prêter son identité pour ouvrir un nouveau compte Aéroplan dans lequel déverser les fruits de mes récoltes de milles aériens de recyclage après que les enquêteurs de Optez pour plus eurent décrété unitaléralement que j’étais interdite de séjour dans le site internet de leur machine de marketing. «Complice» – alias de moi – a à ce jour près de 4500 milles en banque. Pas mal, tout de même, mais au prix de quels efforts!

C’est que l’introduction des sacs bleus, qui emprisonnent les matières recyclables,  combinée à la décision des penseurs de cette opération marketing frauduleusement rebaptisée Optez pour PLUS ont mis fin aux rondes couronnées de l’addition de 400 milles aériens et plus des premiers mois de 2009. Et au surplus, en cette ultime ronde de 2009, je me suis heurtée à ça!

Non, il n'y a pas 18 milles aériens sur ce contenant. Il y a 18 oranges...

Après quelques instants de découragement – et de colère -, j’ai repris ma quête, plus déterminée que jamais. En me rappelant que je pourrai encore compter sur les bonnes habitudes alimentaires de mes voisins du Vieux-Rosemont pour m’envoler encore en 2010. En comptant, entre autres, sur leur consommation de deux produits appelés «vie» et «nature» dont le cours,  jusqu’à maintenant du moins, sont les «blue chips» de ce programme de fidélisation.

Lexique : Aéroplan, la suite. Cé quand cé qu’on sen va où?

Rappel de l’introduction à la définition du mot Aéroplan :

Aéroplan. 1. marque de commerce qui désignait, à l’origine, le programme de fidélisation de la compagnie aérienne Air Canada.  Les synonymes d’un mille Aéroplan, mais pas nécessairement les équivalents, pourraient donc être un mille Flying Blue – Air France et KLM -, un mille One World – British Airways, entre autres – ou un mille Mileage Plus, de United Airlines.

J’ai informé mon ami belge Marco de cette entrée puisqu’il est la bougie d’allumage de ce lexique. «Je commence à voir poindre une lueur», m’a-t-il écrit après sa lecture de l’introduction de la définition du mot Aéroplan, le 18 février 2009. La suite de son message est digne d’intérêt, démontrant bien toutes les confusions et quiproquos possibles dans les échanges outre-atlantiques, même entre francophones. «D’abord j’ai compris que les « milles » sont les distances anglophones et non la suite de zéro. Bon je n’ai jamais été très doué en orthographe et donc ça ne m’a pas sauté aux yeux que les 000 ne prennent pas d »s » au pluriel. »

Ce commentaire invite un ajout à la définition : 2- Programme de fidélisation dont les unités d’échanges contre des primes  sont des milles, soit  «l’ancienne mesure de distance en usage dans de nombreux pays» – le Petit Robert. Les milles sont toujours l’unité de distance des États-Unis d’Amérique alors que le Canada est passé depuis de nombreuses années à l’ère métrique.

Marco ne s’est pas arrêté là!. Il a enchaîné par deux autres questions. «Et donc je ne sais pas encore si les milles que tu récoltes sont les mêmes que ceux des compagnies aériennes, mais je sens que la prochaine livraison du blog va m’éclairer et aussi me dire ce que rapporte le cap des 25000.». Ces questions me conduisent à apporter une autre précision à la définition du mot Aéroplan :

Aéroplan. 3. Les milles du programme Aéroplan peuvent, comme lors de la création par Air Canada, être troqués contre les billets d’avion  et une large panoplie de récompenses. Le taux de change des milles et des primes  varie selon des critères mystérieux et dans des proportions spectaculaires.  Mystère : vérité révélée que l’on ne peut pas comprendre. Le petit cathéchiste catholique.

Ces ajouts sont la synthèse des réponses aux deux nouvelles questions de Marco.

Question 1 : Les milles que tu récoltes dans les bacs verts sont-ils les mêmes que ceux des compagnies aériennes?

Réponse : OUI,  les milles sur les contenants de jus et les boîtes de céréales sont les mêmes que ceux des compagnies aériennes et peuvent être utilisés pour prendre des avions. Mais, comme je l’expliquais également dans l’introduction au mot Aéroplan, ils peuvent également être accumulés et dépensés chez les partenaires de cette société désormais inscrite en Bourse, comme des chaînes hôtelières, des pétrolières, des pharmacies, etc. Les milles Aéroplan donnent aussi accès à des échanges contre des Ipod, des valises, des verres fumées, etc. Le nombre de milles exigé en échange est parfois proprement stupéfiant, comme je l’ai démontré en donnant l’exemple des 10 000 milles requis pour obtenir un livre de recettes de Gordon Ramsay.

Dans mon cas, mon premier outil d’accumulation de milles Aéroplan est ma carte de crédit. J’obtiens un mille par dollar dépensé. Et ces milles sont multipliés si je fais un achat chez un partenaire Aéroplan en m’assurant qu’il enregistrera mon achat avec ma carte Aéroplan en plus. Exemple : si je paie un achat de 4,99$ pour huit rouleaux d’essuie-tout dans une pharmacie Uniprix avec ma carte de crédit, j’accumulerai 5 milles. Si je présence à la caissière ma carte Aéroplan, cet achat me vaudra 1 mille de plus (le taux de change est de 1 mille par trois dollars chez Uniprix). Donc, 4 milles de plus et huit rouleaux d’essuie-tout. Deux commentaires à cette étape-ci. C’est ridicule quand on sait qu’il faut 10 000 milles pour se procurer un livre de recettes! Je crois humblement que mon accumulation de près de 10 000 milles  Aéroplan grâce à mes rondes de bacs verts – sans acheter un seul contenant de jus ou boîte de céréales, est un merveilleux pied-de-nez à ce programme.

Deuxième question :«Peux-tu me dire ce que rapporte le cap des 25 000 milles?»

La réponse mérite plusieurs nuances. En principe, elle permet d’accéder à un vol aller-retour Montréal/Saint.John’s, Terre-Neuve. Si on en croit les informations d’Aéroplan dans son site, on peut même aller du Québec à Terre-Neuve aller-retour pour 15 000 milles, gratuitement, pouvons-nous légitimement croire. N’est-ce pas merveilleux! En pratique, c’est beaucoup plus compliqué que ça, comme le démontre les deux exemples qui suivent.

Exemple 1 : Vol aller-retour entre Montréal et Saint.John’s, Terre-Neuve. Départ le 27 mars, retour le 3 avril 2009.

Minimum requis : 24 000 milles Aéroplan. Les mêmes jours, exactement les mêmes jours, Aéroplan offre aussi des places sur des avions d’Air Canada en échangeant 35 000 pour chaque trajet.  Pour aller célébrer, sur place, le 60e anniversaire d’entrée de Terre-Neuve dans la Confédération canadienne, en prenant l’avion les mêmes jours, le nombre de milles exigés peuvent varier de 24 000 milles à 70 000 milles! À ces milles, il faut ajouter une cinquantaine de dollars de taxes aéroportuaires.

À noter : une recherche effectué à l’aide du moteur de recherche Kayak, qui affiche les prix des billets d’avion les moins chers, j’ai découvert que je pouvais prendre un vol régulier d’Air Canada pour aller et revenir de Terre-Neuve, ces mêmes jours, pour 497.$, taxes incluses.

Exemple 2 : Vol aller-retour entre Montréal et Saint.John’s, Terre-Neuve. Départ le 19 avril. Retour le 27 avril 2009.

Le 19 avril, aucune place Aéroplan n’est disponible, on nous propose une place le lendemain, pour 52 000 milles, sur un vol direct. Le même jour, on nous offre aussi une place contre 60 000 milles, cette fois, avec un arrêt à Halifax! Vous avez bien lu : il faut plus de milles pour prendre un vol avec correspondance en Nouvelle-Écosse que pour filer directement vers Saint-John’s! Il y en a pour tous, avec ce programme, y compris pour les masochistes. Pour le retour, le 27 avril, plusieurs choix de places sont disponibles, au taux de change variant entre 12 000 milles et 33 milles. En résumé, le montant minimum exigé pour ce trajet est de 64 000 milles.

Le moteur de recherche Kayak affiche par ailleurs un vol régulier aller-retour, départ le 19, tel que souhaité, et retour le 27, pour 614.$ avec taxes.

***

Morale : pour décider Cé quand cé qu’on sen va où grâce aux milles Aéroplan, il faut être concentré, astucieux, et, de préférence, avoir des horaires très flexibles. Et surtout, ne pas mettre tous les oeufs dans le panier de cette invention des experts en marketing pour voyager.

PS. Pour ton information Marco, le site Aéroplan nous informe qu’il est possible de faire le trajet Montréal-Bruxelles aller-retour pour aussi peu que 60 000 milles.  Je n’ai pas pris le temps de vérifier combien il en faudrait, dans les faits, pour atterrir dans ta ville. Je vois déjà des exigences d’un quart de million de milles… Par contre, j’ai vu, par Kayak,  des billets en vente sur des vols réguliers pour aussi peu que 737.$, taxes incluses, en avril prochain.




Lexique : le bac vert

Le 14 janvier dernier, mon ami belge Marco, à qui j’avais fait parvenir mon conte urbain et l’adresse de ce carnet, m’écrivait ceci : « J’ai un problème, même si j’essaye de me recycler en regardant de temps la série québécoise Catherine qui est diffusés sur les chaines françaises, même si j’aime ton style, je ne comprend pas bien de quoi tu parles dans ton conte et ses suites.J’ai bien une idée, mais pas claire.Si tu pouvais m’expliquer en quelques mots, comme si j’étais un extra-terrestre (ce qui est bien le cas) de quoi il s’agit, ça me ferait chaud au cœur.» Un copain Français, Bruno, qualifiait mon conte urbain 2008 de fantastique (une façon, j’en suis certaine, de m’associer au genre littéraire en question). Philippe, un autre BELGE, n’a pas avoué son incompréhension. Normal :  il est journaliste et c’est bien connu, les journalistes comprennent TOUT.

Par empathie pour Marco, dans un premier temps, et surtout par ambition d’être comprise par l’ensemble de la planète francophone, j’entreprends donc la rédaction épisodique d’un lexique dont les billets devraient, je l’espère, se retrouver dans la nouvelle catégorie : Lexique à l’usage des non citoyens de l’Ancienne Ville de Montréal. J’ai bien pesé le poids des mots avant de décider du nom de cette catégorie. Et vous comprendrez pourquoi dans quelques instants, en lisant la définition du BAC VERT et à l’aide de quelques images.

À l'avabt, bac bleu utilisé dans la majorité des villes nord-américaines.

À l'avant, bac bleu utilisé dans la majorité des villes nord-américaines.


Sur cette photo, croquée sur un trottoir du Vieux-Rosemont, on peut voir, à l’arrière,  l’un des fameux bacs verts dont je parle régulièrement dans ce carnet. Un bac, dans mes contes urbains, correspond donc à la définition numéro 1 du mot bac dans le Larousse : Récipient, souvent de forme rectangulaire, servant à divers usages. Bac à légumes. Bac à glace d’un réfrigérateur.
En poursuivant la consultation du Larousse, j’ai mieux compris l’incompréhension de Marco. Bac.
4- Belgique. Casier à bouteilles. Bac de bière.
Les deux bacs sur cette photo sont donc des récipients de forme rectangulaire servant à divers usages, selon les écoles écolos et les usagers de ces mêmes bacs.  Bacs de dépôt de matières recyclables. Bacs de débarras de tout ce dont on ne veut plus – jouets, vêtements, vaisselle, etc. Bacs où l’on dépose des milles Aéroplan et autres objets réutilisables et possédant une valeur d’échange monétaire (de 10 à 20 cents), comme des bouteilles de bières consignées.
DÉFINITION DU BAC VERT.
Récipient de forme rectangulaire choisi de couleur verte par l’ancienne Ville de Montréal pour se démarquer de toutes les villes nord-américaines, qui avaient unaniment opté pour la BLUE BOX – lors du lancement de son programme de gestion des matières résiduelles (définition à venir), au tournant des années 1990.  Autre caractéristique qui le distingue : il est plus petit que le bac bleu.
La présence d’un bac bleu sur cette photo atteste donc d’un déménagement, à Rosemont, d’un ancien résidant d’une localité autre que l’un des neuf arrondissements de l’Ancienne Ville de Montréal maintenant regroupés avec 15 villes reconstituées de la défunte Communauté urbaine de Montréal pour former la Nouvelle Ville de Montréal. Le lien avec le site de la Nouvelle Ville de Montréal qui essaie de clarifier cette configuration municipale est sous le passage souligné. Définition quasi-impossible et n’ajouterait rien à la compréhension du propos de Cap vers 25 000 milles Aéroplan.
Par contre, une page du site de l’Arrondissement Rosemont-Petite-Patrie explique clairement ce qui devrait se retrouver dans un bac vert et contient même un lien avec des consignes de préparation du bac. Ça peut toujours servir, même ailleurs dans le monde. Les jours de collecte, par secteur de l’arrondissement, sont également indiqués dans une carte compréhensible. Il me sera donc inutile de définir pourquoi je parle de mes MARDIS Aéroplan.  Vous aurez compris que je glane entre Iberville et Saint-Michel.

Collecte des matières recyclables

Le bac vert, une fois par semaine

Boîtes de conserve, cartons de lait, bouteilles de verre et contenants de plastique : tout cela et bien d’autres objets seront recyclés, si vous les déposez dans votre bac vert plutôt que dans la poubelle. Une fois par semaine, nous ramasserons votre bac.

Pour vous procurer un bac vert, adressez vous à votre bureau Accès Montréal ou à votre éco-quartier.

Accès Montréal Téléphone :  311
Extérieur de Montréal : 514 872-0311

Éco-quartier Téléphone : 514 721-0907
ou 514 727-6775


Collecte des matières recyclables
Où : en bordure de rue, devant votre résidence
Quand : avant 8 heures, le jour prévu pour votre secteur
Comment: Nous vous invitons à consulter les consignes de préparation du bac.

Carte de la collecte des matières recyclables

Carte de la collecte des matières recyclables

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Mes excuses pour les codes : c’est comme ça faire du copier-collé avec des pages de la Ville de Montréal.