Réflexions autour du maquareux de vidanges (Garbage Puffin) de Witless Bay – Introduction

Réflexions autour du maquareux de vidanges (Garbage Puffin) de Witless Bay – Introduction

Hier, le 11 mai 2014, à Witless Bay, un village de la péninsule d’Avalon situé à environ une heure de St.John’s, la capitale de Terre-Neuve-et-Labrador, quelque 75 bénévoles officiellement enregistrés ont récolté 5,632 livres de déchets à l’occasion du grand ménage du printemps initié, il y a six ans, par le Kinsmen Community Group. Nouveautés, cette année : la collaboration du conseil municipal, de son comité d’embellissement et des pompiers volontaires de la municipalité. Et aussi (surtout?), l’objectif d’établir le Record Guiness du plus grand maquareux (puffin) au monde construit avec des vidanges. Lire la suite

Titanic, coupures du gouvernement Harper et Forum Atlantique branché

Il y aura 100 ans dans deux jours, les premiers signaux de détresse du Titanic étaient captés à Cape Race, à l’extrémité nord-est de l’île de Terre-Neuve. Le navire avait frappé un iceberg à plus de 200 milles marins de ses côtes mais grâce à la technologie sans fil, et à la présence de corps et d’esprit d’être humains connaissant la mer, les premiers secours pouvaient être déclenchés.

Il y aura, dans deux jours, commémorations à Cape Race. J’en serai. Mais je ne peux m’empêcher de penser que nous assistons actuellement à un autre très grand naufrage : celui d’un État soucieux du bien commun, en contact avec le monde et protégeant comme la prunelle de ses yeux les droits de ses citoyens.

Et qui, au surplus, s’affaire à réduire à néant l’émission de signaux de détresse, comme les appels à l’espoir de pans entiers de sa population.

Tel est, à mes yeux, le résultat inévitable des coupures dans les budgets d’organismes tels Radio-Canada/CBC, Téléfilm Canada et l’Office national du film (NFB). C’est aussi le résultat inévitable, à moyen sinon à court terme, de la fin du soutien financier au Programme d’accès communautaire à Internet annoncé par Industrie-Canada il y a quelques jours.

« Tout le monde a maintenant Internet », prétend le gouvernement fédéral. FAUX. Dans la péninsule de Port-au-Port, où je séjournais récemment, les locaux du PAC sont, pour de très nombreuses personnes, la seule façon d’accéder à Internet haute vitesse. Et dans certains villages de cette région de la Côte ouest de Terre-Neuve, les téléphones, même les plus intelligents, affichent : réseau non disponible.

Cette coupure a eu moins d’écho dans les médias de la Mainland, ainsi que les Terre-Neuviens désignent le reste du Canada, que les mesures de réduction des effectifs et des budgets des grandes institutions de la culture qui ont leurs sièges sociaux à Toronto ou à Montréal. Mais, je le répète, ses impacts sur les communautés rurales sont dévastateurs.

Les autres coupures du gouvernement conservateur de Stephen Harper dans la province commencent à être connus. Dans cette nouvelle de CBC, on apprend, entre autres, que l’Agence canadienne des services frontaliers perdra son directeur pour la province ainsi que le seul chien entraîné pour détecter les drogues et des armes sur l’immense territoire de l’île de Terre-Neuve et du Labrador, autrement nommé The Big Land .

Personne ne pleurera la perte d’emploi du petit Beagle. Il se trouvera même des gens pour s’en réjouir. Les mêmes, sans doute, qui se sont réjouis de la destruction annoncée du Régistre des armes à feu.

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Dans quelques jours, je participerai au Forum Atlantique Branché qui aura lieu à Dieppe, au Nouveau-Brunswick. Un événement intéressant, important et fort pertinent pour les entrepreneurs et les communautés éloignées des métropoles comme Toronto et Montréal.

Dommage qu’au même moment, le gouvernement conservateur de Stephen Harper s’active à débrancher l’Atlantique.

They live by the sea. They die by the sea. Et, pour l’éternité, Lockyier will see the sea.

Le voyage d’un livre, et de l’itinéraire des managers, et de ceux qui écrivent sur les managers, c’est aussi des temps de pause. Des moments pour ce que certains appellent « prendre du recul », et que d’autres, HM peut-être?, des moments pour regarder, voir et avancer. Pour « Avancer en arrière », comme le disaient jadis les chauffeurs d’autobus montréalais?

Je ne sais pas pourquoi, mais en prenant une pause, cette fin de semaine, j’ai vu en 3D la preuve que ce n’était pas le dur labeur que détestent et qui tuent les hommes et les femmes. Même que jusque dans la mort, des proches d’hommes et des femmes qui les ont aimés proclament leur amour pour le dur labeur, quand, pour eux, il avait un sens.

Voici , croqué avec un iPhone, à Garden Cove, dans la baie de Placentia, à Terre-Neuve, ce que j’ai vu ce matin. Et ce que Lockyier verra pour l’éternité.

Lockyier. 1894-1973. Garden Cove, NL.

Lockyier voit la mer et les montagnes, pour l'éternité.

Carnet de voyage 1 : coups de barre et coups de coeur

Un mois et des poussières maintenant depuis les débuts du voyage des Entretiens avec Henry Mintzberg. Ce livre, en effet, ne se déplace pas en touriste. En faisant le pari de veiller à sa rédaction, à son édition (au sens littéraire), à sa production et à sa diffusion, j’ai mis la table pour des découvertes que seul permet le voyage. J’ai écarté l’option du « tout-inclus », ce qui, dans le monde du livre, suppose de confier à d’autres toutes les étapes qui mènent à la lecture. J’ai choisi – et oui, choisi – le voyage au long cours. Parce qu’il est fait de rencontres, d’échanges et d’apprentissages.

J’ai choisi le voyage « sac à dos » plutôt que valises rigides à roulettes. Ce qui, dans ce cas, se traduit par des livraisons à pied, en transport en auto et en véhicules de location – Communauto, quand je fais des livraisons sur l’île de Montréal. J’ai décidé de tisser des alliances avec les coopératives universitaires, les libraires indépendants et les associations pour élargir sa diffusion. J’ai écarté l’idée d’un grand lancement « tapis-rouge-et-beau-linge-en-présence-de-personnalités-connues », faute de moyens financiers mais aussi par choix. Je préfère, et de loin, la multiplication de petits coups d’envoi, là où les gens travaillent et vivent. La parution du livre n’a fait l’objet d’aucun communiqué de presse. J’ai offert des exemplaires du livre à des journalistes que je connais et dont j’apprécie le boulot; laissant à leur bon jugement d’en faire ce qu’ils voudraient. J’ai aussi partagé quelques nouvelles du voyage dans quelques courriels et dans les réseaux sociaux virtuels auxquels j’appartiens.

Ce livre a donc amorcé son périple dans mon quartier – Rosemont -, le 25 septembre, après être sorti des presses du Caïus du livre, une chouette petite imprimerie de la rue Masson. Ses premiers points de vente ont été les librairies Paulines, rue Masson et Raffin, sur la Plaza St-Hubert. Le premier article sur ce livre est paru dans le média indépendant hyperlocal http://www.ruemasson.com, quelques heures avant son premier lancement à l’Aquarium, encore sur la rue Masson.

Que s’est-il passé, depuis un mois et des poussières? Il y a eu des jours de grands doutes. Est-ce que le développement d’un tel réseau de distribution était réaliste? Si oui, le livre trouverait-il preneurs? Et surtout, saurait-il faire rayonner les propos et la pensée de Mintzberg en dehors des écoles de gestion et du lectorat d’affaires?

En ce 30 octobre, je crois que la réponse à ces questions est OUI. Plusieurs coopératives et librairies indépendantes ont répondu à l’appel (voir la page Acheter le livre). Et la réponse de leur clientèle est encourageante, étonnante même. Ce qui me réjouit, bien sûr parce que les ventes génèrent des revenus. Mais ce qui me touche encore plus, c’est de voir combien les libraires eux-mêmes sont devenus des complices de ce voyage. Quel plaisir de recevoir des courriels et des appels téléphoniques chaleureux des Denis, Jeanne, Louise, Marie-Andrée, Patrick, Céline et Marc m’annonçant qu’ils ont besoin d’un nouvel arrivage! Quel plaisir aussi de recevoir des courriels et des appels de libraires de régions non desservies encore par mon réseau de distribution et qui souhaitent procurer l’exemplaire demandé par un ou une cliente? « Nous sommes un peu des détectives. Nous sommes prêts à remuer des montagnes pour satisfaire une seule demande », m’a expliquée une dame de Valleyfield. Ces gens-là, à l’évidence, aiment les livres et leur travail.

Et il y a ces gens que je ne connais pas qui m’écrivent des courriels pour me faire savoir combien les propos de Mintzberg les rejoignent, les touchent et les encouragent à oser le changement dans la gestion et dans les relations en milieu de travail.

Depuis un mois et des poussières, le voyage des Entretiens est fait de quelques coups de barre. Mais surtout de plusieurs coups de coeur, pour moi et aussi, pour certains de ses lecteurs. Parmi eux, il y a monsieur Pierre Renaud, le grand patron des librairies Renaud-Bray, qui a décidé, hier le 29 octobre, d’apposer un Coup de cœur sur le livre. La nouvelle, incroyable, m’a été communiquée par courriel par Marc Blanchette, responsable des achats en sciences humaines de la maison, avec le commentaire « Chanceuse! ». Et comment! Il se trouve plusieurs personnes à faire confiance aux Coups de coeur de monsieur Renaud. Son coup de coeur est un énorme Coup de main pour la suite du voyage.

Prochain arrêt : le retour aux sources à Rimouski et Sayabec (voir le billet précédent) et une pause amicale et d’affaires à Québec au retour. Et d’ici là, sans doute quelques belles surprises que je raconterai ici.

PS. De mémoire, il s’est trouvé il y a quelques années des des gens qui ont émis l’hypothèse que les éditeurs achetaient les Coups de coeur de monsieur Renaud. Je peux témoigner et jurer que dans ce cas, il n’est en RIEN. Et je crois qu’il n’est en RIEN. POINT. Chose certaine, Curieuse limitée (le nom de ma raison sociale, comme éditrice), n’en a pas les moyens et n’a surtout jamais eu l’intention de soudoyer quiconque pour parler en bien de sa première mouture.

Quand je raconte Terre-Neuve en mode papier – deuxième partie

L’édition mai-juin du magazine Géo plein air, fraîchement arrivé en kiosque à Montréal, offre, sous ma signature, un (autre) reportage sur Terre-Neuve. Titre : Le Vieux Rocher en trois temps.. Trois temps, pour trois régions : la péninsule d’Avalon, le parc national du Gros Morne et les îles du nord est de l’île : Twillingate et Fogo.

Pour en savoir plus sur ces lieux, sachez, si vous êtes nouvellement venus dans ce carnet, que j’ai commis plusieurs billets qui les décrivent et racontent leurs habitants. Pour les consulter, il suffit de cliquer sur les mots Terre-Neuve, St.John’s ou Saint-Jean de Terre-Neuve, Fogo et Twillingate dans le «nuage de mots-clés« de ce site ou de les inscrire dans le moteur de recherche.

Le reportage de Géo plein air présente également l’une des photos de mon séjour de l’été dernier. Pour la rendre publiable, j’ai profité de l’expertise de deux «vrais» photographes : ma fille Luce et nul autre que le grand Bernard Brault. J’ai aussi profité de la patience de mon ami Michel Gaudreault – de dos sur la photo – et de mon fidèle chien urbain Saku. Ils m’ont servi de figurants dans cette image croquée sur le sentier de la East Coast Trail qui relie Mobile à Witless Bay.

Michel et Saku sur la East Coast Trail. Été 2009. Photo : Jacinthe Tremblay. Photoshop : Luce TG (pour les contrastes) et Bernard Brault (pour l'horizon).

Quand je raconte Terre-Neuve en mode papier… Première partie.

Que faisiez-vous aux temps froids? pourraient demander les fourmis d’Internet me croyant devenue blogueuse cigale. Et bien, je concoctais des reportages que d’aucuns, dans la confrérie médiatique, estiment être le seul et vrai «journalisme», puisque publiés par des entreprises de presse. (débat!)

Or donc, il est possible, en ce moment même, de me lire dans l’Actualité – édition du 15 mai 2010 en kiosque depuis jeudi dernier, le 22 avril… – ainsi que sur le site Internet de l’Actualité, également en ligne (et pour consultation gratuite) depuis jeudi dernier. J’y traite, avec la complicité du photographe Michel Huneault, de la francophonie de Terre-Neuve-et-Labrador.

Voici l’amorce du photoreportage – et une photo en prime.

Francophonie de Terre-Neuve-et-Labrador: anglos en renfort dans la capitale
par Jacinthe Tremblay (textes) et Michel Huneault (photos)
20 Avril 2010

Drôle de francophonie que celle de Terre-Neuve-et-Labrador. Écartelée entre trois foyers sans origines et histoires communes. Et composée de 10 fois plus d’anglophones que de francophones de naissance. Aperçu d’un fascinant phénomène qui se fait surtout entendre, en paroles et en musique, dans la capitale, St. John’s.

St.John's, Terre-Neuve, vue de Signal Hill. Photo : Michel Huneault.

Je vous invite à découvrir la suite, à lui décerner le nombre d’étoiles que vous jugerez juste et à commenter, ici ou sur le site de l’Actualité.

Le Répertoire des artistes francophones de TNL est en ligne!

Et voilà! C’est fait! Le Répertoire des artistes francophones de Terre-Neuve-et-Labrador, pour lequel j’ai écrit les textes et François Pesant a réalisé les photos, est en ligne. Il réunit une quarantaine de portraits de ceux et celles qui animent la vie culturelle en français de cette province. On peut y voir quelques-unes de leurs réalisations et accéder, à la faveur de dizaines d’hyperliens, avec leurs propres sites Internet. En le parcourant, on peut également mieux comprendre l’étonnante histoire de cette francophonie qui évolue dans la plus anglophone des provinces canadiennes. Et oui, les Terre-neuviens et Labradoriens sont, à 99,5%, anglo-saxons de première langue.

Vous pouvez naviguer dans cet univers en cliquant ici.