Carnet de voyage 2, volet 1. Les femmes du Salon du livre de Rimouski


La dame de Sainte-Luce, Diane, Dominique et les autres…

Plus d’une semaine maintenant depuis la clôture du Salon du livre de Rimouski. En fermant les yeux, j’entends surtout des voix d’enfants et d’adolescents défilant par dizaines à la recherche de bandes dessinées ou du plus récent tome d’histoires fantastiques. La littérature jeunesse fait lire la jeunesse et c’est merveilleux. Je revois aussi les écrivains haïtiens, dont Dany Laferrière, réunis autour du kiosque de Mémoire d’encrier et attendant avec une certaine anxiété des nouvelles de la progression d’un nième ouragan sur leur île. Je repense à ces dames à la tête blanche offrant leurs souvenirs en partage dans des livres publiés à compte d’auteure et posant leur griffe avec un large sourire aux proches venus les encourager.

Henry Mintzberg, dans un tel contexte, est un pur inconnu. Qui suscite, je dirais, une curiosité limitée… qui se transforme en intérêt et même en engouement quand des gens découvrent ses propos. J’en ai eu la confirmation après une entrevue sur Les Entretiens réalisée devant public le premier jour du Salon. De mémoire, j’ai passé rapidement sur sa « célébrité ». J’ai rappelé qu’il était Montréalais et qu’il parlait – aussi – français. J’ai surtout expliqué en quoi la gestion nous concernait tous et ce qu’il en disait. J’ai parlé de sa vision des dérives de la gestion et des espoirs qu’il place dans les gestionnaires tranquilles, préoccupés des relations humaines. J’ai aussi évoqué la notion de communautéship.

Après l’entrevue, je suis sortie griller une cigarette. Et c’est alors qu’une dame à la tête blanche s’est approchée de moi et m’a demandée de transmettre un message « au monsieur très instruit » dont je venais de parler en entrevue.

Je n’ai pas été très longtemps à l’école et je suis restée à la maison pour élever mes trois enfants. Depuis la mort de mon mari, il y a trois ans, je lis beaucoup. Comme je n’ai pas beaucoup d’argent, j’emprunte des livres à la bibliothèque. J’aimerais bien que votre livre soit disponible à la bibliothèque de Sainte-Luce. Je ne suis pas très instruite mais je trouve, moi aussi, que bien des choses ne tournent pas rond dans la société. Ce ce vous avez rapporté des idées de ce monsieur très instruit m’a fait du bien. Ça veut dire que je ne suis pas folle.

J’ai découvert que d’autres personnes qui étaient dans l’assistance au moment de l’entrevue ont eu exactement la même réaction. Des hommes, peut-être? Ils sont demeurés silencieux. Des femmes, elles, ont exprimé le plaisir de leur découverte et quelques-unes, comme Diane, ont acheté le livre. Dominique, elle, a pris le risque de le mettre en vente à la librairie de Rimouski où elle travaille. Pour la convaincre de proposer à sa clientèle un livre d’entretiens avec un « inconnu », je lui ai rapporté les propos de la dame de Sainte-Luce. J’espère de tout coeur que cette dame pourra bientôt l’emprunter à la bibliothèque de son village.

Avant de quitter Rimouski vers Sayabec – j’en reparlerai dans un prochain billet -, je me suis assurée que les Entretiens soient disponibles dans la ville où j’ai signé mon premier article journalistique professionnel et dans les bibliothèques de la région. Il est donc, depuis quelques jours, sur les rayons de la Librairie-boutique Vénus, de la Librairie l’Alphabet et de la Coop de l’Université du Québec à Rimouski.

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