Greatest Hit terre-neuvien sur le Strip de Vegas


La portion casinos du  Las Vegas boulevard, touristiquement désignée comme le Strip, est un monde d’artifices, de bruits stridents, de congestion automobile et piétonnière. Pour y trouver un peu de paix, hier, après une rencontre sympathique et chaleureuse avec Ann, publiciste du spectacle «O» Cirque du Soleil et juste avant  d’aller voir KÀ, le spectacle créé par Robert Lepage, j’ai décidé de me réfugier sur la la terrasse extérieure du  Nine Fine Irishmen, un pub établi à New York en 1848 et  reproduit fidèlement(?) au New York New York, l’hôtel où est présenté le spectacle Zumanity, du Cirque du Soleil. C’est juste en face du MGM, qui abrite la salle de KÀ.*

Cette terrasse est devenue mon refuge à mon premier séjour. La reproduction du pont de Brooklin, entre la terrasse et la rue, assure un peu de quiétude. Il n’y a pratiquement que des fumeurs qui s’y installent et, comme nous sommes de moins en moins nombreux, il n’y avait que deux femmes, hier, à mon arrivée à proximité aux environs de 17h30.  Autre précision importante pour la suite de l’histoire : de la musique celtique, parfois irlandaise, sert de tempons aux bruits des klaxons sur le Strip.

Hier donc, vers 17h30, j’ai eu un choc en reconnaissant la chanson choisi par le DJ du pub.  Sonny’s Dream, THE GREATEST HIT terre-neuvien, sortait des hauts-parleurs de la terrasse. Cette chanson écrite en 1976 par l’auteur-compositeur interprète Ron Hynes, est le Phoque en Alaska du Rock.   

Ron Hynes. Portrait en couverture de son plus récent CD.

Ron Hynes. Portrait en couverture de son plus récent CD.

Dans les notes biographiques de Ron Hynes, il est écrit que cette chanson est devenue «un classique du folk, interprété et  enregistré par des artistes partout à travers le monde».  Ron Hynes en a d’ailleurs fait une version acoustique que l’on peut entendre dans son espace My Space.

D’autres airs et informations se retrouvent aussi dans son autre site Sonicbids.com  

Étrange felling que d’entendre les paroles du refrain de cette balade sur  le Strip, en plein milieu du désert.

Sonny don’t go away, I am here all alone
And your daddy’s a sailor, and he never comes home
And the nights get so long, and the silence goes on
And I’m feeling so tired, I’m not all that strong

Pour mesurer mon choc, sachez que j’ai consacré cette chanson et à son auteur une place importante dans un article sur Terre-Neuve paru dans le Devoir en août 2008 sous le titre Totalement, fièrement et délicieusement Newfie. Aux armes musiciens et conteurs, dont voici un extrait dans lequel Ron Hynes explique sa popularité.

« Quiconque a un jour mis les pieds à Terre-Neuve ou dans une partie de la planète amoureuse de folk a entendu cette chanson. Son refrain donne la parole à une mère dont le mari, un marin, n’est jamais à la maison. Elle supplie son fils de rester auprès d’elle. Sonny, le fils, rêve de partir. La mère sait qu’elle ne pourra le retenir. «Terre-Neuve est une société où, jusqu’à tout récemment, tous les enfants ont été élevés uniquement par les femmes. Les hommes étaient marins, pêcheurs, bûcherons ou mineurs», explique Ron Hynes. Ces propos et leur musique ont parlé aux gens lors de leur création, en 1976, et ils continuent encore d’émouvoir et d’être un incontournable des rassemblements, qu’importe la génération. »

J’aurais pu ajouter, qu’importe le climat et le paysage.

Hasard que cette chanson ait inauguré ma pause de paix sur le Strip? Il est de ces moments où l’on se dit qu’il n’y a pas de hasard.

Vegas est pour moi un passage obligé entre un  20 janvier 2009  dans le désert  de la Vallée de la mort et un autre périple journalistique à Terre-Neuve, sous prétexte, cette fois, du 60e anniversaire de son entrée dans la Confédération canadienne. Hasard ou pas, j’ai entendu dans  Sonny’s Dream un rappel de garder le cap. Vers 25 000 milles Aéroplan mais surtout, en direction de la New founded Land de Ron Hynes et de tous ses Sonny. 

 -30-

Écrit au  Boulder Dam Hotel, le 23 janvier 2009. 

 *Tout a été dit et écrit sur l’omniprésence des troupes de Guy Laliberté à Vegas. N’empêche. Le voir demeure un choc. En moins de deux kilomètres, six spectacles du Cirque sont à l’affiche. Et son Elvis, qui sera lancé plus tard en 2009, sera présenté dans le plus gigantesque des hôtels du Strip, encore  en construction.

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